Tout le processus d’éducation vise à rendre l’enfant autonome. Autonome, c’est à dire capable de faire seul. Dans l’alimentation, le jeune enfant est considéré comme autonome, non seulement lorsqu’il mange seul avec ses deux couverts, mais aussi lorsqu’il est capable d’exprimer ce qu’il préfère manger. C’est à dire qu’il construit, peu à peu, une base de goûts, de saveurs et d’aliments qu’il apprécie. Même si cette base n’est pas figée, parfois même à sa propre surprise, il doit pouvoir exprimer ce qu’il veut manger ou pas, autrement qu’en disant « j’aime pas » ou en recrachant le produit.

 

Une autonomisation en douceur

Pour pouvoir faire seul, l’enfant a besoin de se sentir en sécurité. La première motivation doit d’abord être la sienne : il a envie de boire dans un bol plutôt qu’au biberon, il attrape la cuillère, il veut croquer un aliment qui ne lui était pas destiné… Il se sentira en sécurité si les parents respectent ses rythmes et ne le poussent pas. Ainsi, plus il fera de découvertes, plus il aura envie d’en faire. Et c’est lorsqu’il sera parfaitement rassuré sur ses compétences, qu’il pourra passer à un stade supérieur.
L’enfant a aussi besoin d’être valorisé, même si ce qu’il fait n’est pas encore parfait. Il a besoin de compliments, d’encouragements de manière à pouvoir envisager positivement ses expériences et les renouveler.

 

En pratique :

Il n’y a pas de « bon âge » pour faire les choses : la diversification, le fait de manger avec une cuillère, puis avec une fourchette, passer aux morceaux… Chaque enfant a son rythme et finira par accéder à un stade supérieur de compétences s’il sent qu’il est considéré comme un petit être spécifique, singulier. Par mimétisme, l’enfant ira vers plus d’autonomie, ce qui induit une indépendance pour lui. Pour l’accompagner dans les meilleures conditions, le mieux est de ne rien attendre de l’enfant, mais d’accueillir de façon positive ses tentatives et ses essais.